Mar
14
1993

Brussels, BE (Forest Vorst Nationaal)

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SHOW REVIEW

En version rock à Forest-National, avec ses 'Ten Summoner's Tales' - Entre Beatles et Police, Sting serre les rangs...

C'était la première fois depuis Police que Sting revenait à Bruxelles. Dans un Forest-National évidemment comble, lui qui l'aurait sans problème rempli deux ou trois fois. Ce qui laisse la porte ouverte à un retour.

La tournée 'Soul Cages' avait déjà abondamment puisé dans le fond de commerce Police dont les compilations continuent de très bien se vendre, mais cette fois l'allusion était plus précise encore. D'abord par l'absence de saxophoniste (que ce soit Branford Marsalis ou Steve Coleman). Les terres jazzy sont provisoirement laissées en friche par un groupe plus réduit que jamais, constitué des fidèles Dominic Miller à la guitare très insicive, de David Sancious aux claviers très colorés et du batteur Vinnie Colaiuta qui se plie à tout changement de rythme avec un égal bonheur.

On n'est pas loin de Police par le choix du répertoire non plus. À six reprises, on y revient pour le plus grand plaisir d'un public très jeune et très exubérant à ces moments-là tandis que 'The Dream of the Blue Turtles'- (à une petite exception près quand il incruste 'Consider Me Gone' dans 'Roxanne') et 'The Soul Cages' sont passés sous silence. 'Nothing Like the Sun' n'étant cité qu'à trois reprises, c'est le dernier opus qui se taille la part du lion, à commencer par le simple 'If I Ever Lose My Faith in You' en ouverture.

La construction du show n'en est pas moins déconcertante. Quatre morceaux du dernier album ouvrent logiquement le concert avant la reprise inattendue du 'A Day in a Life' des Beatles, Sancious se chargeant d'être un Sgt. Pepper's Band à lui tout seul. Après le très beau 'Fields of Gold', le meilleur titre de '10 Summoner's Tales', on passe à Police avec 'Synchronicity II', 'Everything She Does Is Magic' et 'Roxanne'. On replonge dans les nouvelles chansons pour revenir à 'An Englishman in New York' et 'King of Pain'.

C'est les enchaînements qui frappent le plus: Sting n'a jamais été aussi statique, il ne lâche plus sa basse et ne se montre guère bavard. Ce qui pourrait passer pour de la froideur met du temps à se transformer en ambiance détendue avec un décor sobre mais constitué de tableaux picturaux variés. Il faut suivre Sting dans ses fondus enchaînés, comme le pont entre 'Saint Augustine in Hell' et 'Straight to My Heart'. Mais l'interprétation est à ce point excellente, avec une paire Miller - Sancious réellement impressionnante qu'on piste Sting dans les méandres de réarrangements parfois audacieux. Les Beatles reviennent même en ouverture de premier rappel avec un 'Penny Lane' accéléré avant le final plus conforme aux règles en vigueur de l'apothéose: 'Message in a Bottle', 'Every Breath You Take' et 'Fragile' suffisent à faire oublier les petits problèmes de voix d'un Sting obligé de se soigner sur scène avec un vaporisateur alors qu'on n'en est qu'au début de la tournée...

En fin de compte, on a eu droit à un set proche du précédent mais en moins jazzy. Sting continue de serrer les boulons, tournant le dos aux grosses productions qui avaient suivi ses deux premiers albums. Il ne reste plus que l'essentiel: d'excellentes chansons interprétées par de grands musiciens. Ce qui n'est déjà pas mal, même si le côté spectacle doit légèrement en souffrir...

(c) Le Soir by Thierry Coljon

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